Osons l’humain


Pierre Raphaël Pelletier


10 septembre au 12 octobre 2013


exposition du 10 septembre au 12 octobre



Commanditaire de l'exposition


Osons l'humain

L’inexprimé de l’œuvre laisse à découvert la limite de nombreux discours sur l’art et la création. Quant aux commentaires de l’artiste sur le sens de son travail ou de sa recherche, tout aussi pertinents qu’ils soient, ceux-ci n’échappent point à l’imprévisible parcours (démarche, etc.) de toute activité de création.

Or, sous réserve de ces quelques considérations, sûrement approximatives, que pourrais-je dire de ma propre démarche, et ce évidemment sans me laisser choir dans l’auto-gratification et la complaisance du miroir ?

Disons, dare-dare, que, comme toute personne qui se consacre au travail artistique à temps complet, ma vie y passe le plus clair de son temps. C’est-à-dire que j’y suis à mon temps, à mon lieu, à mon histoire, à mes migrations, dans mon corps et dans mon esprit. J’y sens la tranquille respiration de mes trouvailles et de mes échecs dans la matière, tout aussi humble soit-elle.

Ce qui m’amène à l’utilisation abondante de matériaux mixtes : plumes, boas, pompons, broche à poule, coton à fromage (étamine), peinture acrylique, bouts de bois, cocottes, ficelles, cure-pipes colorés, papiers, cartons, etc., avec toujours une prédilection pour les couleurs vives (bleu, rouge, jaune, serties dans des taches de blanc). Toute matière travaillée, pour y insuffler une forme, avec ou au-delà de tout effet esthétique. C’est comme si je voyais à hauteur de création.

Revenons pour quelques instants à la forme. Génératrice du voir, dans tout travail de création, la forme, de l’avis de nombreux auteurs, donne cohérence au processus de création et à l’œuvre (objet artistique). C’est cette même forme qui détermine la singularité du travail de l’artiste qui exulte au cœur de sa démarche. Quoique jamais achevée, la forme est beaucoup plus qu’elle-même dans toute activité de création qui nous ouvre aux possibilités multiples de la forme. Ce qui fait que de plus en plus, en création, le spectateur est appelé à interagir avec l’œuvre, participant au processus de création, devenant « créateur » à son tour.

La forme de mon agir, de mon « faire artistique », est nécessairement militante puisque j’ai toujours refusé tout mot d’ordre, toute logomachie, entourant la création. Je suis, nous sommes, en création, toujours en phase de changements, de mutations profondes, et de remises en question fondamentales, qui nous entraînent dans un mode de pensée allant de pair avec la liberté, celle-là même que nous défendons quand nous ouvrons toutes grandes les vannes de l’indignation et de la colère.

Pierre Raphaël Pelletier, Embrun 2013


Artiste engagé au sens le plus noble du terme, Pierre Raphaël Pelletier édifie depuis trente ans une œuvre littéraire et picturale d’une profonde cohérence dans laquelle se nouent et se dénouent les rapports à Soi et à l’Autre.

Diplômé de l’Université d’Ottawa en philosophie (baccalauréat, maîtrise et scolarité de doctorat), il a notamment été critique d’art, recherchiste, professeur et directeur de l’éducation permanente de son alma mater. Ses peintures, dessins, sculptures et objets hétéroclites ont servi à illustrer de nombreux livres et ont été exposés à une cinquantaine de reprises (seul ou en groupe) principalement au Québec et en Ontario.

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