Avant et Après la voiture électrique


Michael Fernandes


1er janvier au 31 mars 2021


Résidence à domicile
Sur Instagram @beforeandaftertheelectriccar

Causerie virtuelle: Michael Fernandes et Jason St-Laurent — le 14 avril 2021, à 17h EST

Présentation en anglais, sur Zoom
Gratuit — RSVP requis


RSVP à la causerie virtuelle ici


 

J’espère que tu vas bien

Ravi de parler avec toi au téléphone

Tu as inspiré mon intérêt pour l’ail

J’ai fini de planter 350 bulbes durs et je les ai recouverts de paille

J’adore aussi l’ail

J’espère un jour en planter mille

Maintenant la résidence virtuelle

Titre: Avant et après la voiture électrique

Affichage quotidien d’images et de textes en ligne

Ce travail est destiné à servir de marqueur de ce que je considère comme pertinent pendant la pandémie.

Peut-être que ce n’est qu’un vœu pieux

Un risque en mon nom

Et comme tout le reste, ce que je finis par faire, c’est toujours parler

Une réflexion avec moi-même

À bientôt,

Michael

Octobre 2020

[traduit de l’anglais]

 

Depuis son chez-soi à East Dover près d’Halifax, l’artiste Michael Fernandes nous fait part de ses pensées journalières sous forme d’images et de courts textes dans le contexte d’une résidence à domicile. Intrigué par la poésie du quotidien, par l’art qui émerge du milieu maritime où il demeure depuis plus de trois décennies, et par l’immédiateté de la création improvisée, Fernandes cherche à établir un dialogue diaristique avec lui-même, ainsi qu’avec un public virtuel élargi. 

Avant et Après la voiture électrique (Before and After the electric car) consiste d’un projet par lequel Fernandes souligne et prend note des moments subtils où l’art se fond à la vie de tous les jours, de façon à élargir les paramètres de l’art en tant que discipline. Par sa façon de travailler – une méthodologie qui ressemble plutôt à celle d’un archéologue, d’un collectionneur, d’un raconteur, ou d’un philosophe – Fernandes met en évidence le fait que l’art est pour lui un mode de vie, une curiosité profonde, une forme d’enchantement qui imprègne l’ordinaire.      


L’artiste

Né à Trinidad, Michael Fernandes est venu au Canada dans les années 1960 pour étudier au Musée des beaux-arts de Montréal. Ses œuvres dépendent souvent de concepts polémiques comme le « nous et eux » pour provoquer une reconnaissance de soi de la part du spectateur. Ses installations donnent l’impression d’improvisation et de littéralisme, ce qui entraîne l’intimité et la franchise plutôt que le conditionné, le rationalisé et le simulé. On pourrait dire, du moins de façon métaphorique, que son œuvre est à la première personne, au temps présent, et qu’elle s’oppose à la façade et au spectacle au profit de l’activisme. 

Michael Fernandes a enseigné depuis 1973 au Nova Scotia College of Art. Il a grandement exposé ses œuvres au Canada et à l’étranger. En 2020, Fernandes fut récipiendaire du Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques. 


Sans titre

Texte par Craig Leonard

Traduction par Anne-Sophie Vallée

 

 

Teddy mieux que Dorian 

Désastre sur la plage 

Profuse récolte d’algues 

Le vieux puits est achevé 

 

Sans plus d’attention. Rien d’évident. Pas ce que tu penses. Tout est différent. Presque égal. Tout est  le même. 

 

Dans les traces de pas enneigées 

auprès de l’ail 

une brouette retournée 

composte 

 

Quelque chose est arrivé, rien n’est arrivé. Juste sur le point d’arriver, très drôle. Me fait pleurer.  A du sens. Fait une différence. Maintenant, la semaine dernière. Dans la cuisine. Dans les nouvelles. 

 

Dans le jardin 

lorsque endormi 

près de la plage, marée 

basse, cerclent jasant  

autour de la tour de garde 

 

Un certain ennui. Aucun ennui. Ennui connu à propos d’histoires à propos d’histoires à propos de  familles à propos d’enfant à propos de jeux à propos de mots à propos d’écoute. 

 

Bird 

Chick 

Hawk 

Little bird 

Train 

 

Roules toujours avec la salade grecque. Médiation et bataille. Orné en jouant, jamais en pratiquant. Routines cacophoniques et l’improvisation revient d’un revers adroit. 

 

Pénombre  

et enjambements 

conservent la pause  

entre les lignes  

seulement les ombres 

 

Même vue mais rythmes différents. Même rythme, vues différentes. Suçant des mangues. Joues  pincées. Dessin de poche et flèches aléatoires. AN-O-NI-MI-TÉ glorieuse derrière un arbre riverain. 

 

Allons nager 

au Lac de la Poix? 

Ça ne se fait pas, man. 

Essaie par ici. C’est frais 

et profond, étonnement  

clair.