Evicted From the Anthill


Z'otz* Collective


19 août au 23 septembre 2017


Vernissage le samedi 19 août à 16 h
Exposition du 19 août au 23 septembre 2017


Evicted From the Anthill

Travaillant ensemble depuis 2004, les membres du collectif Z’otz* font le catalogage de la faune fantasmagorique qui habite leur paysage imaginaire partagé. Leurs dessins coopératifs tracent le portrait d’une grande gamme de créatures souvent en état de fusion. Les jambes d’un quadrupède mammalien convergent de manière fluide avec les griffes d’un oiseau de proie, un tronc d’arbre ou même le pied déchaussé d’un humain. Lorsque les structures construites apparaissent, elles ont presque toujours une taille inférieure aux organismes vivants qui sont représentés. Comme si l’on suggérait que les environnements urbains exigent un rétrécissement physique — ou tout simplement que les villes et villages sont eux-mêmes les prolongements de nos corps.

Le processus collaboratif adopté par les membres de Z’otz* (Nahum Flores, Erik Jerezano et Ilyana Martinez) se compare aux bêtes composites qu’ils illustrent si bien ensemble. Dans un texte d’accompagnement pour une exposition antérieure, l’auteur Mark Laliberte le dit bien : « un être amorphe et affranchi à six bras se manifeste dans le studio lorsqu’ils s’adonnent au travail ludique comme une seule bête, comme l’esprit invoqué d’un dieu ancien. »

Si les créatures élaborées qui peuplent le monde de Z’otz* sont le résultat d’une pratique joyeuse, elles ne sont pas nécessairement elles-mêmes joviales. Leurs postures témoignent plutôt d’une résilience tranquille ou de mouvements qui s’étirent à jamais vers l’autre. Les corps immenses sont souvent en position de déséquilibre alors que les créatures tentent à tout prix de rattacher leurs propres morceaux fragmentés.

Avec leur travail, Z’otz* rend visibles les multiples rapports qui tissent un lien entre tous les êtres vivants.


Z'otz* Collective

Le collectif Z’otz* (Nahúm Flores, Erik Jerezano, Ilyana Martínez) s’est formé à Toronto en 2004. Le groupe se rencontre de façon hebdomadaire afin de collaborer sur des œuvres de plusieurs médiums tels que le dessin, la peinture, le collage, la sculpture et les installations in situ. Leurs images hétéroclites et excentriques explorent, avec humour, des idées liées à la transition, le déplacement, l’isolement et l’évolution




Partenaire de l'exposition


Appartenir à un ego interrelié

Un texte d’accompagnement par Nico Glaude

Aucun artiste ne peut être complètement sans ego. L’ego est une des sources de motivation qui incite les gens ordinaires à devenir des artistes. En plus du processus créatif et de l’expression artistique, plusieurs éléments vont de main en main lorsqu’on parle d’art et d’ego. La validation, la reconnaissance, vendre une œuvre d’art, se faire applaudir, recevoir une bourse ou un prix, chacun alimente l’ego créatif et le désir de s’améliorer. Parfois, un artiste n’a pas grand chose à part de son ego pour soutenir ce besoin motivant primordial ; s’attaquer à des projets plus grands peut déclencher de plus grands succès, plus de couvertures des médias et plus d’opportunités lorsque les artistes se laissent guider par leurs ego.

En parlant avec le collectif Z’otz*, on s’étonne au peu de considération qui est accordée aux ego des membres individuels. En fait, l’indifférence complète à l’égard de l’ego semble être la règle du jeu dans leur processus créatif. Leurs murales sont rarement planifiées d’avance ; chaque individu de ce collectif à trois membres arrive devant le mur avec ses propres idées ; il y a peu ou pas de communication verbale entre eux lorsqu’ils travaillent, mais ils se laissent des petits indices pour faire savoir dans quelle direction l’œuvre devrait aller ou à quoi elle devrait ressembler. De façon assez intéressante, ces indices sont souvent mal-interprétés et peuvent devenir quelque chose de complètement inattendu. Ça peut sembler assez élémentaire, surtout lorsqu’on fait affaire avec un collectif, mais cette dynamique peut se répéter plusieurs fois dans la création d’une murale. D’une certaine façon, c’est justement cette réciprocité entre les ego des membres qui permet au collectif Z’otz* de créer ces murales éphémères qui semblent avoir été créées d’une seule main.

Leurs murales sont des récits silencieux, incorporant dans une seule forme linéaire des objets familiers, des éléments de la nature et des animaux. Bien que ces éléments puissent nous être familiers, cette familiarité donne lieu à l’ambiguïté de l’œuvre achevée et sa multitude d’interrelations. La combinaison de ces éléments crée un certain malaise, mais l’ambiguïté de l’ensemble nous invite à regarder au-delà de l’inconnu et accepter une certaine ambivalence nous menant, finalement, à une nouvelle compréhension. On comprend que les murales du collectif Z’otz* ne sont pas à propos des éléments singuliers et autonomes, mais plutôt à propos du processus de prise de conscience de l’ensemble — qu’il n’y a aucun élément distinct et que tout est interrelié.

Ce portrait de l’interrelation est réalisé en partie à travers la représentation des animaux et nos relations personnelles avec eux. Plusieurs émotions conflictuelles, sans rien dire des actions, entrent en jeu entre les animaux et les humains. Les murales de Z’otz* nous rappellent que la vie exige le respect. Après tout, nous sommes tous interreliés et nous devons agir en tant que partenaires avec la vie — l’embrasser, la nourrir et comprendre notre impact.

Les murales du collectif Z’otz* engagent un dialogue avec les membres de l’auditoire en les ramenant à eux-mêmes. Même si les paysages imaginatifs sont peu familiers, l’ambiguïté n’engendre pas l’aliénation du public. Les juxtapositions étranges éveillent plutôt la curiosité pour le récit global de l’œuvre et peuvent ultimement mener à une appréciation du travail qui est enraciné dans un sentiment profond d’appartenance.

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Nico Glaude est un artiste en installation sudburois, commissaire et raconteur. Tout le monde a un investissement émotionnel dans la ville de Sudbury. Le sien reconnaît la valeur de cet attachement en créant et en commissariant du travail artistique aussi graisseux, moite, bas de gamme, amusant et affreux que toutes les expériences offertes par cette ville. Esprit de nickel, cœur en or.

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